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Modernisation mainframe : ce qui reste, ce qui migre et comment migrer

| Aristide Yao

big mainframe

Une banque européenne a réduit de 54,1 % le coût annuel de ses contenus mainframe en deux ans, sans remplacer son mainframe. Les applications cœur ont continué de tourner au même endroit. Seuls les documents ont changé de plateforme.

Ce résultat illustre la question que se posent la plupart des banques et des assureurs face à leur ordinateur central. Le cœur du système ne peut pas en sortir sans une réécriture de plusieurs années, alors que la direction attend des avancées dès cette année. Tout l'enjeu consiste donc à choisir ce qui migre en premier, puis à le migrer sans interrompre l'activité.

La réglementation pèse sur chacun de ces choix. D'après l'enquête 2025 de Kyndryl sur la modernisation mainframe, 94 % des 500 dirigeants métier et IT interrogés estiment que la conformité réglementaire influence fortement leurs plans de modernisation. Ce guide explique comment répartir les charges de travail et par où commencer.

Points clés

  • La modernisation mainframe suit trois voies : moderniser sur le mainframe lui-même, l'intégrer au cloud, ou transférer certaines charges de travail vers d'autres plateformes
  • La plupart des banques et des assureurs conservent le traitement des transactions cœur sur le mainframe, et les données confirment ce choix
  • Documents, archives et flux de travail documentaires constituent la charge de travail la moins risquée à migrer en premier, puisque le cœur du système reste intact
  • Les contenus peuvent migrer en pleine production : les nouveaux documents arrivent directement sur la nouvelle plateforme, les métadonnées sont transférées d'abord et l'archive suit en arrière-plan
  • Une trace complète de chaque étape de migration permet de prouver aux auditeurs qu'aucun document n'a été perdu ni modifié

Qu'est-ce que la modernisation mainframe ?

La modernisation mainframe désigne la mise à jour des applications, des données et de l'infrastructure d'un ordinateur central hérité pour répondre aux besoins actuels de l'entreprise. Elle va de l'amélioration des applications sur le mainframe lui-même jusqu'à leur connexion à des services cloud ou au transfert de certaines charges de travail vers d'autres plateformes. Dans la plupart des grandes entreprises, elle prend la forme d'un programme progressif étalé sur plusieurs années.

Les trois voies de modernisation mainframe

L'étude de Kyndryl distingue trois voies de modernisation, avec un retour sur investissement de 288 % à 362 % selon la voie choisie. Pour une banque ou un assureur, elles diffèrent par leur périmètre et par le risque qu'elles font peser sur l'exploitation.

Voie

Ce qui change

Risque pour l'exploitation

Charges de travail concernées

Moderniser sur le mainframe

Code, outillage et API sur la plateforme existante

Faible

Traitement des transactions cœur

Intégrer au cloud

De nouveaux services se connectent aux données et à la logique mainframe

Moyen

Canaux numériques, analytique

Transférer hors mainframe

Certaines charges de travail passent sur d'autres plateformes

Selon la charge de travail

Contenus, archives, reporting

La migration mainframe à proprement parler relève de la troisième voie. Son niveau de risque dépend presque entièrement de ce que l'on choisit de transférer, d'où l'importance de l'ordre des étapes.

Pourquoi les banques et les assureurs conservent leur mainframe

Garder le cœur du système sur le mainframe relève d'une décision rationnelle. Le mainframe traite de très gros volumes de transactions de façon fiable, et la logique métier qu'il héberge a été construite et éprouvée pendant des décennies. Réécrire un système bancaire central ou une plateforme de gestion des contrats met cette logique en jeu, pour un bénéfice attendu dans plusieurs années.

Les chiffres du marché vont dans le même sens. Selon le rapport Kyndryl, moins d'applications quittent le mainframe que l'année précédente, et 80 % des organisations ont revu leur stratégie de modernisation au cours des douze derniers mois. Elles se tournent vers des programmes par étapes, qui produisent des résultats sans perturber les opérations critiques.

Pour la plupart des établissements, le travail de planification porte donc sur la répartition des charges de travail : ce qui quitte le mainframe et ce qui y reste. C'est le principe du modèle hybride, où le mainframe exécute ce qu'il fait le mieux et d'autres plateformes prennent en charge le reste.

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Lire l'étude

Ce qui reste sur le mainframe et ce qui migre

La ligne de partage la plus nette sépare les transactions des contenus. Les transactions ont besoin de la rapidité et de la fiabilité mainframe. Les contenus demandent un stockage peu coûteux et un accès rapide, deux services que le mainframe fournit à un prix élevé.

Charge de travail

Reste ou migre

Raison

Traitement des transactions cœur

Reste

Logique éprouvée, gros volumes, faible tolérance au changement

Comptabilisation par lots et règlement

Reste

Étroitement liés aux systèmes cœur

Relevés clients et correspondance

Migre

Volumes en hausse chaque année, consultation rare mais devant être rapide

Dossiers de sinistres et dossiers de crédit

Migre

Les équipes en ont besoin dans leurs outils quotidiens

Archives de rapports et d'éditique

Migre

Les longues durées de conservation font grimper les coûts de stockage

Flux de travail documentaires, comme les validations

Migre

Plus simples à faire évoluer sur une plateforme moderne

Les lignes marquées « Migre » concentrent les coûts et les difficultés. Chaque relevé et chaque dossier de sinistre stocké sur le mainframe consomme une capacité facturée, même lorsque personne ne l'ouvre avant une demande d'audit.

Pourquoi commencer par les documents

Les documents présentent le risque le plus faible et donnent des résultats rapidement. Leur migration ne touche pas aux applications cœur, donc aucune logique transactionnelle n'est modifiée. L'effet se voit pourtant à la fois sur les coûts et auprès des équipes en contact avec la clientèle.

La banque européenne à l'origine du chiffre de 54,1 % faisait face à trois difficultés simultanées. Le stockage et le traitement des contenus sur le mainframe alourdissaient ses coûts de capacité à mesure que les volumes augmentaient. La lenteur des recherches obligeait le service client à faire patienter les clients. Enfin, les collaborateurs avaient du mal à retrouver les données, ce qui fragilisait le reporting.

La banque a transféré la gestion de ses contenus mainframe vers une plateforme moderne de gestion de contenu d'entreprise (ECM).

Ses coûts annuels ont baissé de 54,1 % dès la deuxième année et ses frais de dépassement de 78,6 %, avec une interruption de service minime, voire nulle, selon le témoignage client. Ce résultat concerne une seule banque, mais il montre la part qu'occupent les contenus dans une facture mainframe.

Un second bénéfice suit. Une fois stockés sur une plateforme conçue pour les contenus, les documents deviennent exploitables par la recherche IA et l'automatisation des flux de travail. Le programme de modernisation obtient ainsi un résultat visible pour les équipes métier, pendant que les décisions de fond sur le cœur du système suivent leur cours.

Comment sortir les documents mainframe sans interruption de service

Hey Doxi, comment mes équipes peuvent sortir les documents mainframe sans interruption de service ?

1. Cartographier les contenus et leurs règles de conservation

Le point de départ est un inventaire de ce que stocke le mainframe : types de documents, volumes et durée de conservation de chacun. Pour chaque type, notez qui l'utilise et dans quel délai il doit être disponible. Cette liste fixe l'ordre de migration et fait apparaître les documents soumis aux règles de conservation les plus strictes.

2. Classer les nouveaux documents dans la nouvelle plateforme dès le premier jour

Première mesure : cesser d'alimenter l'ancienne archive. Les nouveaux relevés et documents de sinistres sont dirigés directement vers la nouvelle plateforme, si bien que l'archive mainframe arrête de grossir. Dès lors, les équipes retrouvent les nouveaux documents dans leurs outils quotidiens.

3. Transférer d'abord les métadonnées

Les données d'indexation de chaque document existant sont transférées avant les fichiers eux-mêmes. Les utilisateurs peuvent alors interroger l'ensemble de l'archive depuis un seul point d'accès, alors même que les contenus se trouvent encore dans leur stockage d'origine. Une fois les métadonnées en place, il devient possible de retirer les systèmes hérités bien plus tôt que lors d'une migration classique.

4. Migrer les contenus en arrière-plan

Avec les métadonnées déjà disponibles, les documents suivent en arrière-plan pendant l'activité normale. Les utilisateurs ouvrent leurs documents comme d'habitude, sans avoir à savoir où se trouve chaque fichier à ce moment-là. Pour les archives volumineuses de plusieurs milliards de documents, cette approche raccourcit nettement la durée du projet.

5. Tracer chaque étape

Chaque document doit arriver intact, et chaque étape de la migration doit être journalisée et traçable. En France, la norme NF Z 42-013 de l'AFNOR précise comment un système d'archivage électronique doit être conçu et exploité pour garantir l'intégrité des documents conservés. Un journal de migration complet fournit aux auditeurs la preuve que les archives sont restées complètes et inchangées.

6. Décommissionner l'ancien stockage

Lorsque contenus et métadonnées ont été vérifiés sur la nouvelle plateforme, l'ancien stockage peut être arrêté, et avec lui la capacité qu'il consommait. Les économies deviennent alors durables.

Les erreurs fréquentes dans les projets de contenu mainframe

Lorsqu'un projet de contenu mainframe prend du retard, la cause se trouve le plus souvent dans la planification. La démarche décrite plus haut fonctionne à condition d'éviter trois erreurs courantes.

Tout migrer en une seule fois

Une bascule unique concentre tout le risque sur un seul week-end. Une migration par étapes, en commençant par les types de documents les plus utilisés, répartit ce risque et produit des résultats plus tôt.

Attendre le départ des experts

Les personnes qui connaissent l'archive mainframe et sa logique de conservation partent progressivement à la retraite. Leur savoir sur les index et les durées de conservation doit être recueilli tant qu'elles sont encore disponibles pour répondre aux questions.

Négliger le contrôle des formats

Les archives mainframe contiennent des flux d'impression anciens, comme des relevés composés à partir de fonds de page et de ressources graphiques. Un échantillon de chaque format doit être testé sur la plateforme cible avant de planifier la migration de masse.

Modernisez les contenus de votre mainframe avec Doxis

Vos applications cœur restent sur le mainframe, tandis que vos documents rejoignent une plateforme conçue pour eux. Doxis reprend la gestion des contenus et l'archivage assurés jusque-là par le mainframe et migre vos documents en pleine production : vos équipes continuent de travailler, et vous cessez de payer de la capacité mainframe pour du stockage.

Une fois les contenus migrés, la plateforme en tire davantage de valeur. La recherche IA permet à vos équipes de trouver plus vite le bon document, et l'automatisation des processus prend en charge les validations et le traitement des sinistres à partir des mêmes contenus. Doxis peut être déployé dans le cloud ou sur site, ou en combinant les deux, selon vos exigences de conformité.

  • Une facture mainframe allégée grâce à la migration des contenus qui consomment de la capacité
  • Une migration en pleine production : les métadonnées d'abord, les contenus ensuite en arrière-plan
  • Une trace de chaque étape de migration pour vos auditeurs
  • La gestion des durées de conservation et une piste d'audit pour les documents réglementés
  • Un archivage conforme à la norme NF Z 42-013, grâce à la certification ISO 14641-1 de Doxis
  • Un accès rapide aux documents pour le service client, la gestion des sinistres et le crédit
  • Une base documentaire prête pour la recherche IA et l'automatisation des flux de travail

Doxis est reconnu Leader dans le Gartner® Magic Quadrant™ for Document Management 2026. Réservez une démonstration gratuite pour découvrir comment Doxis prend en charge les contenus de votre mainframe.

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FAQ sur la modernisation du mainframe 

Le mainframe est-il en voie de disparition ?

Non. Les mainframes assurent encore le traitement des transactions cœur dans nombre des plus grandes banques et compagnies d'assurance, et l'enquête 2025 de Kyndryl constate que moins d'applications quittent le mainframe que l'année précédente.

L'IA peut-elle remplacer le mainframe ?

L'IA ne prend pas en charge le traitement transactionnel du mainframe. Elle accompagne sa modernisation, en aidant à analyser le code hérité et en rendant les contenus interrogeables une fois migrés sur une plateforme moderne.

IBM fabrique-t-il encore des mainframes ?

Oui. IBM a lancé en 2025 le mainframe z17, conçu pour les charges de travail d'IA en plus du traitement des transactions.

Quelle différence entre modernisation et migration du mainframe ?

La modernisation du mainframe désigne le programme global de mise à jour de l'ordinateur central. La migration n'en est qu'une partie : elle consiste à transférer certaines charges de travail, comme les documents et les archives, vers d'autres plateformes.

En quoi consiste la migration d'un mainframe vers le cloud ?

Elle consiste à transférer, par étapes, certaines charges de travail du mainframe vers une infrastructure cloud. Pour les documents, cela implique de migrer les métadonnées, puis les contenus en arrière-plan, en conservant une trace complète de chaque étape.

Quel retour sur investissement attendre de la modernisation du mainframe ?

Les participants à l'enquête 2025 de Kyndryl font état d'un retour sur investissement compris entre 288 % et 362 %, selon la voie de modernisation choisie.

Quelles charges de travail du mainframe migrer en premier ?

Les documents et les archives sont les meilleurs candidats. Ils pèsent sur les coûts de stockage, et leur migration laisse intacte la logique transactionnelle du cœur du système.

Aristide Yao

Aristide Yao est en charge du développement commercial grands comptes chez DOXIS pour la France, le Benelux et la Suisse. Avec une approche centrée sur les enjeux métiers et la création de valeur durable, il accompagne les organisations dans leurs projets de digitalisation, d’automatisation des processus documentaires et de valorisation de leurs données.

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