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Les systèmes RH gèrent des données, mais le travail des services RH repose sur le traitement de documents
Si vous êtes responsable d’un SIRH, vous avez probablement déjà entendu ce grief : la DRH se plaint que le système ne résout pas son problème. Vous menez votre enquête. Le système fonctionne exactement comme prévu. Il s’avère en fait que le problème ne vient pas du système, mais de tout sur ce quoi il n’a pas prise.
Lui gère des données. Le travail du service RH repose sur le traitement de documents. Et, dans la plupart des organisations, ces deux univers fonctionnent en parallèle, tout en étant reliés par des processus manuels chronophages, qui génèrent des risques et sapent discrètement chaque engagement en matière d’efficacité et de conformité pris par la DRH.
Le fossé architectural hérité par les équipes SIRH
Les plateformes SIRH excellent dans ce pour quoi elles ont été conçues, comme la gestion des données RH structurées tout au long du cycle de vie du salarié. Champs, enregistrements, flux de travail, approbations, reporting : les plateformes SIRH modernes gèrent tous ces types d’éléments avec une sophistication croissante.
Ce qu’elles ne gèrent pas – et ce pour quoi elles n’ont pas été conçues –, c’est la couche documentaire. Les contrats, lettres, certificats, registres de conformité, dossiers d’intégration et documents de fin de contrat qui constituent la preuve légale et opérationnelle de la relation de travail.
Ce n’est pas un échec de la plateforme, bien au contraire. C’est un fossé architectural. Et c’est une problématique que les équipes SIRH se voient souvent demander de résoudre avec des outils qui n’ont pas été conçus pour cela.
Résultat :
- Les documents sont stockés dans SharePoint, sur des lecteurs réseau, dans des archives de messagerie ou dans l’espace de stockage physique.
- Les enregistrements du SIRH sont mis à jour, tandis que les documents correspondants sont gérés séparément.
- Les membres du département des ressources humaines soumettent des tickets ou contournent le problème en sollicitant l’équipe chargée du SIRH pour leurs demandes liées aux documents que le système ne peut pas traiter.
- Les audits de conformité nécessitent une compilation manuelle des preuves qui devraient être systématiquement tenues à jour.
Ce que nous révèlent les études
- Les équipes RH consacrent jusqu’à 40 % de leur temps de travail à rechercher des documents, une surcharge opérationnelle que les investissements dans un SIRH n’ont pas permis de réduire significativement, car la couche documentaire figure en dehors de l’architecture du SIRH.
Source : Deloitte - Les technologies RH constituent la deuxième priorité d’investissement des DRH en 2025, 34 % prévoyant une augmentation de leur budget ; or, les gains de productivité restent limités par la fragmentation entre les systèmes de données et la gestion documentaire.
Source : Gartner 2025 CHRO Budget Benchmarks
Pour les équipes chargées du SIRH, cette situation pose un défi spécifique : l’organisation investit dans des technologies RH en tablant sur une amélioration de la productivité. Le SIRH étant présenté comme la plateforme à même de faciliter cette amélioration. Mais le fossé documentaire – qui se situe en dehors du SIRH – engloutit les gains de temps que le SIRH était censé générer.
Cela donne l’impression que les investissements technologiques ne portent pas leurs fruits. Dans de nombreux cas, tout fonctionne en réalité parfaitement. Simplement, il manque quelque chose.
7 raisons pour lesquelles une gestion documentaire moderne est indispensable
Les équipes RH peuvent se noyer dans un chaos documentaire, perdant chaque jour des heures précieuses à rechercher des documents et à jongler avec des systèmes disparates. Une DMS est la solution. Voici pourquoi.
Lire maintenantPourquoi l’intégration est la couche manquante
La réaction instinctive face à ce problème documentaire consiste à trouver un meilleur emplacement pour stocker les documents. SharePoint est réorganisé. Un système de gestion documentaire fait l’objet d’évaluations. Les structures de dossiers sont rationalisées. Mais le stockage n’est pas le problème. Le problème, c’est l’intégration. Les documents doivent être reliés aux enregistrements du SIRH auxquels ils se rapportent, pas simplement stockés à proximité.
Lorsqu’un contrat est stocké dans SharePoint et que l’enregistrement correspondant figure dans SAP SuccessFactors, ils se côtoient. Ils ne sont pas connectés. Le personnel RH doit naviguer manuellement dans les deux systèmes pour obtenir une vue d’ensemble. Les règles de conservation ne peuvent pas être appliquées automatiquement, car le système documentaire ignore quand la relation de travail a pris fin. L’accès en libre-service pour les collaborateurs ne peut pas afficher les bons documents, car le système documentaire ne sait pas qui demande l’accès.
L’intégration – plus précisément, l’intégration bidirectionnelle entre la gestion documentaire et le SIRH – permet de combler ce fossé architectural. Et c’est le point que la plupart des implémentations de SIRH n’ont pas encore traité.
Création d’une dette technique
Ce fossé d’architecture documentaire engendre une dette technique cumulative pour les équipes responsables du SIRH :
- Chaque nouveau processus RH reposant sur un traitement documentaire nécessite une solution manuelle pour combler le fossé d’intégration.
- Les exigences de conformité (RGPD, législation locale sur la protection des données, règles de conservation sectorielles) ne peuvent pas être systématiquement appliquées.
- Les initiatives d’IA et d’analytique requièrent des données propres, structurées et connectées, alors que la couche documentaire est la principale source d’informations non structurées et déconnectées.
- La feuille de route du SIRH est contrainte par les rustines documentaires intégrées par les RH dans leur modèle opérationnel.
L’architecture d’intégration en cours de construction
Les équipes SIRH qui résolvent ce problème partagent un principe architectural : les documents doivent être traités comme des éléments prioritaires dans l’écosystème du SIRH, et non comme des pièces jointes ou un stockage adjacent.
Ce que cela signifie concrètement :
- Les événements SIRH déclenchent la génération de documents : lorsqu’une embauche est confirmée, la lettre de proposition d’emploi est automatiquement générée, envoyée et suivie dans le flux de travail.
- Le stockage des documents est connecté aux enregistrements du SIRH. Ainsi, l’accès à un enregistrement concernant un collaborateur affiche automatiquement les documents pertinents.
- Le système applique les règles de conservation en fonction du statut d’emploi, de la juridiction et du type de document sans qu’elles soient gérées manuellement par les administrateurs RH.
- Le portail RH autorise l’accès en libre-service aux documents du personnel, ce qui réduit le volume de demandes liées aux documents adressées au service RH et aux responsables du SIRH.
Pour SAP SuccessFactors et les autres environnements HCM en particulier, cette architecture d’intégration est bien établie. Mais elle nécessite une couche de gestion documentaire spécialement conçue pour ce cas d’usage d’intégration au SIRH.
Pourquoi la couche documentaire est désormais une priorité pour les SIRH
Les systèmes RH gèrent des données. C’est ce pour quoi ils ont été conçus, et ils le font bien. Mais le travail du service RH repose sur le traitement de documents. Et tant que la couche documentaire n’est pas architecturalement intégrée au SIRH, celui-ci ne fournira qu’une vision incomplète de la relation de travail, et les gains de productivité que les investissements dans les technologies RH étaient censés apporter resteront hors de portée.
Pour les responsables du SIRH, le fossé d’intégration documentaire constitue la nouvelle frontière. Non pas parce que c’est nouveau, mais parce que l’IA, la conformité réglementaire et les attentes des dirigeants en matière de productivité ont rendu sa résolution urgente.
Cet article est l’un des six articles de la série « The HR Gap », qui étudie la question de savoir pourquoi la gestion de contenu d’entreprise devient un prérequis à la transformation des RH. L’ensemble de la série est disponible sur le blog de Doxis.
Marc Volquardsen
I am a Product Manager & Solution Architect and have been with Doxis since 2004. After 15 years as a Solution Consultant for Sales, in 2020 I switched to Product Management, where I design solutions for customers based on Doxis, SAP and Salesforce. Please feel free to contact me to talk about solutions for you!